Comment j’ai aidé une cliente a découvrir le stress sur scène

Rabbit Photo CC Flickr Hans Splinter

Ma cliente est candidate pour un poste important, avec une forte exposition publique. Elle a un CV long comme le bras et une grande capacité de synthèse, qui donne une impression de maitrise. Elle ne semble pas stressée face au public. Elle est par ailleurs très sympathique en privé et suscite facilement l’adhésion.

En revanche, sur scène, elle perd facilement le contact avec son public et crée subrepticement une distance. Elle devient l’experte, impressionnante certes, mais lointaine. Elle le sait, cela l’énerve et au fur et à mesure que ses présentations avancent, une petite musique tourne dans sa tête : je suis nulle, je ne vais pas arriver à les convaincre. En général, elle termine en colère contre elle-même, même si ses collaborateurs ne remarquent rien et lui assurent qu’elle a été au niveau.

Lors de notre première rencontre, elle m’avoue qu’elle voudrait apparaître plus humaine. Je suis surpris de cette demande, parce qu’il me semble parler à une jeune femme très sympathique, mais je l’ai vue sur scène et je crois comprendre ce qu’elle veut dire. Un moment particulier où elle avait parlé de l’école de ses enfants me revient. J’avais trouvé qu’elle évitait vite le sujet.

Je lui propose comme exercice de parler un peu d’elle, pour voir comment elle s’y prendrait. Elle hésite, m’avoue qu’elle ne parle jamais de son jardin secret. J’insiste, elle prend confiance et elle se lance.

Et comment ! Elle parle sans s’interrompre, presque sans respirer. Très vite, elle me livre un épisode traumatique de son enfance : son lapin domestique qui s’est retrouvé à la casserole.

Je l’interromps avec prudence, tant elle est dans l’émotion. Elle reprend son souffle en m’avouant qu’elle n’en avait jamais reparlé depuis son enfance.

Délicatement je lui fais prendre conscience de ce qu’elle m’a confié : une histoire pas anodine à partager dans un cadre professionnel. Je lui montre comment pour elle, parler de la vie privée c’est tout de suite laisser entrer les autres dans un univers lié à son enfance, où elle peut se sentir légitimement en fragilité.

Dans le suite de notre travail, j’ai pu lui faire expérimenter une nouvelle façon de doser l’ouverture qu’elle choisit de faire sur sa vie privée. Elle apprend à apparaitre dans son humanité – en osant partager certaines choses -, mais sans se mettre en danger. Parce que parler de soi, ce n’est pas pareil que de tout dire.

Depuis lors, quand elle prend la décision de montrer son humanité, et notamment son côté féminin, elle sait jusqu’où elle veut aller. Ce sont des moments qu’elle aborde avec un peu de trac, mais avec confiance, et qui suscitent une adhésion de son public, qu’elle ne connaissait pas. Ce n’est pas le moindre des paradoxe : j’ai aidé ma cliente a découvrir le stress sur scène et elle adore ça !

 

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